Journal intime


Le lecteur assidu, l'inconnu  devenu presqu'ami, s'étonnera de l'absence de Petite Momie. 

Qu'il ne la recherche pas plus longtemps. Elle s'en est allée avec tous ses mots et ses tourments, par un soir de grosse pluie. 

Je suis Destinée son autre, sa pire ennemie, son amante, son innocente alliée.

Ici il n'y aura plus jamais ni cris, ni mépris de soi. Quelques crises de gaieté verbeuse, quelques humeurs, quelques confidences à taire, voilà tout!

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Des hommes et des valeurs

 







 

Dimanche 17 février 2008

 

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Vous voilà bien mal, mon ami.
Ce peuple qui vous a chaudement acclamé hier, aujourd'hui vous houspille.


Il n'y a pas de popularité sans défaveur, certes.
Et il n'y a sans doute pas plus traître qu'un peuple. 
La bouche par laquelle il vous bénit un jour, vous crachera dessus tôt ou tard.

Toujours est-il, qu'on ne se prend pas impunément pour un grand homme.
Vous jouiez le Napoléon du millénaire
Rire! 
Et vous en êtes aujourd'hui à collectionner les Waterloo.
Peut-être que finirez-vous comme lui, reclus et exilé à Saint-Hèlène. 

Votre disgrâce me réjouit.
C'est mon plus bel orgasme du moment.

***
 

par Destinée publié dans : Hommage
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Samedi 16 février 2008

 

Il est toujours plus aisé pour l'Homme, de s'apprécier que de s'exécrer.

L'amour de soi est un danger pour l'humanité. 
On lui doit toutes les démesures, les audaces les plus outrées, les asservissements, les pogroms, les xénophobies. Tout!

L'amour de soi, n'est pas la racine de tous les maux.
Non, ce serait trop beau. Elle est cette bêche par laquelle l'humanité creuse la fosse dans laquelle on l'enterrera bientot.

Considérez que chaque homme se haïsse lui-même, qu'il se voit plus bas que terre, indigne, pouilleux, misérable. Et qu'à l'opposé, il traite son prochain comme un être qui vaut mille fois mieux que lui. 

Ne serait-ce pas là, le début d'une véritable relation pacifique entre les hommes, les pleuples, les nations?

Les saintes écritures se sont trompées. 
Dieu n'a pas dit "Aime ton prochain comme toi-même", mais plutôt "Aime ton prochain aussi fort que tu te méprises."

Je me hais. 
La haine de soi est une forme d'écologie.




par Destinée publié dans : Truismes
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Samedi 16 février 2008

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Il me reproche toujours d'être excessive en toute chose. D'être trop caline ou trop froide. 
Ces deux extrêmes l'agacent. 

Trop de bisous l'étouffent. 
Trop de distance le blesse. 

Je lui fais des compliments en baisant sa main, brutalement il me la retire et me dit que j'en fais trop. 
Je me tais et me mets à l'écart tout le reste de la soirée, cela l'attriste.

Il est trop jeune, je le savais. Beaucoup trop jeune. A peine un an de plus que moi. Un enfant. Les hommes c'est toujours enfants, à cet âge là.

Un gémeau. Les plus maniérés du zodiaque.

Un jour tu me regretteras, lui ai-je dit la dernière fois. Un jour tu me chercheras, tu m'aimeras, mais je ne serai plus là. Tu devrais m'aimer pendant que je t'aime, après ce sera trop tard.

Du reste, je ne l'aime pas. 
Aimer n'est qu'un verbe. 

Un homme est un compagnon de distraction, utile pour le cinéma, les promenades du soir à la place du Trocadéro, où l'on s'embrasse, s'enlace et où comme tout le monde l'on fait semblant d'être amoureux.  

Un homme est un ami d'oreiller, une paire de bras qui nous aide à ne pas avoir trop froid l'hiver, l'été on peut s'en passer.

Un homme c'est ce joujou qui remplace nos poupées d'enfance, on le caline, le chouchoute, on pleure quand il n'est pas là et on le méprise quand il nous remplace par une autre nounou. 

Tant pis pour lui. Un jour, ce sera trop tard. 













par Destinée publié dans : Confidences à taire
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Jeudi 14 février 2008

J'avais entre sept et huit ans quand c'est arrivé.
J'en avais parlé à personne, me sentant coupable et craignant d'être grondée par maman.

Des mois s’étaient écoulés, une année peut-être, quand un jour une amie nous expliqua dans la cour de récré, que pour faire des bébés il fallait des procédures. Je l’écoutai avec attention. Je devins triste et je perdis l’appétit. Je regardais dès lors tous les matins mon ventre avec anxiété. 

Une nuit pourtant, épuisée par des longues heures d’angoisse noire, je réveillais ma grande sœur qui dormait à mes côtés.
-       Quoi ? fit-elle étonnée de ne pas me voir endormie.
Je la regardai, et d’une voix terrible je lui confiai : « Je suis enceinte ».
Elle eut l’air amusé.
-       Rendors-toi, idiote!
Elle se retourna sans plus se préoccuper de moi. J’insistai cependant.
-       Ecoute, dors! fit-elle d’un ton plus menaçant.
-       C’est vrai… je suis enceinte. Un monsieur a enlevé ma culotte et a mis son zizi..

Elle alla tout de suite réveiller maman. On m’interrogea. Ça s’est passé quand ? Il y a longtemps. Pourquoi n’as-tu rien dit ? Silence. Pourquoi as-tu suivi un homme que tu ne connaissais pas ? Silence. Tu es bête ! Silence.

Le lendemain matin, maman me déshabillait et m’inspectait. Et la même phrase revenait sans cesse, cette phrase qui aujourd’hui m’obsède encore « tu es bête ! », « On ne parle pas aux inconnus, on ne les suit pas pour leur rendre service. » Oui, maman, oui. Mais pourquoi ne pas m'avoir dit ces choses avant?

Je gardais ma tête baissée, j’écoutais avec le sentiment d’être sur le banc des accusés. Maman me gronda encore, me dit que j’étais une petite qui manquait d’intelligence. Et là elle m’annonça: « je vais le dire à ton père », je levai mes yeux et la suppliai du regard. 

Non, je ne voulais pas qu’on dise quoi que ce soit à mon père. Je voulais à ses yeux demeurer l’enfant qu’il aimait. Je ne voulais pas qu’il découvre que je m’étais involontairement pervertie. Et on ne lui dit rien, je crois. Peut-être aurait-on dû lui dire...

Du reste, j’appris ce jour-là que pour pouvoir tomber enceinte, il fallait être pubère. Cette révélation m’apaisa. Je craignais en effet de devoir exhiber un ventre rond dans la cour de récréation. J’imaginais déjà les rires moqueurs de mes ennemies et l’abattement de mes innombrables petits amoureux.

Mais plus jamais maman n’aborda ce sujet, ni même ma sœur. C’était un dossier classé, une mauvaise histoire qu’il valait mieux ne plus évoquer. 

Et la vie a continué comme si jamais un drame ne s’était produit. Et mon bourreau, où est-il ? Que fait-il ? Combien de petites filles a t-il détruites ? Combien de vies de femmes a t-il brisées ? Combien de désespoirs et de sombres mal-être doit-on lui imputer ?

Maman a dû croire que j’ai oublié. 
Rire! Gros rire!
Non, l’enfant blessée n’oublie pas maman. Les douleurs de l’enfance laissent des plaies profondes qui ne cicatrisent jamais. 

par Destinée publié dans : Râle
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