
Absente quelques jours.
Le lecteur assidu, l'inconnu devenu presqu'ami, s'étonnera de l'absence de Petite Momie.
Qu'il ne la recherche pas plus longtemps. Elle s'en est allée avec tous ses mots et ses tourments, par un soir de grosse pluie.
Je suis Destinée son autre, sa pire ennemie, son amante, son innocente alliée.
Ici il n'y aura plus jamais ni cris, ni mépris de soi. Quelques crises de gaieté verbeuse, quelques humeurs, quelques confidences à taire, voilà tout!


Absente quelques jours.
Nous sommes tous malheureux. Mais peu d’entre nous ose
l’avouer.
Le bonheur n’existe pas. Il est un vain mot, un idéal que nous nous efforçons désespérément d’atteindre, mais la quête est sans espoir.
L’existence est une tragédie, et nous passons nos vies à faire semblant.
Nous nous enveloppons sous des couvertures d’hypocrisie, nous revêtons des manteaux de joie, nos vêtements affichent une apparente gaieté, mais lorsque l‘on nous met à nu, ce sont des cœurs
vides, amers et meurtris que l’on découvre.
Je soupçonne tout le monde, de pleurer le soir dans la solitude de son lit.
Je soupçonne le genre humain, de n’être qu’un tas difforme suffocant, courbé et brisé sous le poids de sa douleur.
Douleur de quoi ? D’être ? De ne pas être ? Le sait-on seulement !
Il faut mourir,
mourir à soi, se défaire de ce moi haïssable qui fait la misère des peuples.
L’orgueil est le plus grand de mes vices.
Non pas un orgueil ostentatoire et flagrant.
Un orgueil sournois et muet, le plus vil.
C'est faire preuve d'immaturité d'esprit et d'une intolérance inouie, que de prétendre que nous avons raison.
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