Journal intime


Le lecteur assidu, l'inconnu  devenu presqu'ami, s'étonnera de l'absence de Petite Momie. 

Qu'il ne la recherche pas plus longtemps. Elle s'en est allée avec tous ses mots et ses tourments, par un soir de grosse pluie. 

Je suis Destinée son autre, sa pire ennemie, son amante, son innocente alliée.

Ici il n'y aura plus jamais ni cris, ni mépris de soi. Quelques crises de gaieté verbeuse, quelques humeurs, quelques confidences à taire, voilà tout!

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Des hommes et des valeurs

 







 

Dimanche 9 mars 2008

Il y a ici des yeux qui m'épient, des personnes qui font partie d'un passé sur lequel j'ai définitivement tourné la page.

Il vient ici un personnage que j'ai quelque peu admiré avant de l'abhorrer. Une âme d'une intelligence certaine, d'une mauvaise foi formidable, d'une pédanterie et d'une prétention consternantes... d'un égo démesuré.

De moi, il a voulu faire une disciple, un esprit qui lui soit entièrement dévoué. 
"me cadrer", me donner cette "confiance qui me fait défaut", tel était sa  noble volonté.

Le bonhomme aime les honneurs. Mais c'est surtout lui-même qu'il aime par dessus tout. Sa bouche, jamais ne tarit en éloges pour sa personne.
Animé d'un pathologique besoin de paraître et d'être acclamé, il se camoufle sous des élans de générosité. 

Et, chaque fois qu'il  accomplit une action humaine, on le voit se tortiller comme un détraqué et hurler à qui veut bien l'entendre "Voyez! voyez ce que j'ai fait!"
                                 ...

Monsieur,  je connais votre odeur, votre parfum nauséabond.
A chacun de vos passages à cet endroit, l'air me dit que vous étiez là.

Monsieur, je m'en veux, vous savez, de vous avoir autant haï.
J'étais jeune, jusqu'à l'an dernier, c'est pourquoi.

Ce n'est pas de la haine que j'aurais dû avoir pour vous, mais une indifférence inouïe. Seuls les grands hommes en effet méritent d'être haïs, et vous n'en êtes pas un, hélas.

Vous avoir haï, c'est vous avoir fait trop d'honneur. C'est vous avoir trop élévé dans l'échelle de l'estime humaine.











par Destinée
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Jeudi 6 mars 2008


Nous avons rompu. 
Un jeudi. Quelques jours avant mon départ.
Nous avions décidé d'un commun accord, de mettre un terme à notre relation.

Je vis très mal les ruptures.
Je m'habitue aux gens, à leur souffle, à leur voix, à leur rire, à leurs défauts. Le jour où ils s'en vont, mon équilibre en prend un coup, je chavire quelque peu.

J'ai été lamentable ce jour-là. Ce jeudi matin.
Nous étions allongés sur mon lit, ma tête contre sa poitrine, ses bras ressérrés autour de moi. Et je pleurais. Et je n'arrêtais pas. J'ai trempé sa chemise de mes larmes trop salées.

Puis, indignée par mon attitude, honteuse d'avoir livré publiquement des larmes que j'aurais voulu garder secrètes,  je me suis brusquement relevée, je me suis refugiée dans la salle de bain afin de pleurer à l'abri de son regard, à l'abri de son jugement.

Il a dû s'imaginer des choses, le pauvre garçon.
Il a dû penser "Elle tient tellement à moi, que ça lui brise le coeur qu'on se quitte".
Rire! Le con!

Pensez-vous qu'aux enterrements les hommes et les femmes en deuil, pleurent pour l'être qui vient de les quitter?

C'est en souvenir des morts d'hier qu'ils pleurent, c'est en pensant -un peu- il est vrai au mort qu'ils enterrent, mais c'est surtout en imaginant les morts de demain, c'est dans l'effroi d'un prochain départ précipité. Ils anticipent le malheur pour ne pas avoir à trop souffrir, le jour où à leur porte il frappera de nouveau.

Je pleurais pour les ruptures d'hier, en souvenir de tous ces hommes qui sont partis et qui me manquent encore quelquefois. Je pleurais -un peu- parce que je l'aimais tout de même bien ce con. Mais c'est surtout pour les ruptures à venir que je versais ce torrent de larmes. Mon coeur anxieux guettait déjà toutes ces relations futures, sordides et dépourvues de sens, ces liaisons dangereuses, ces histoires vouées à la perdition.

Plus tard, quand je suis sortie de la salle de bain, j'avais les yeux secs, je souriais presque.

Je lui ai demandé s'il voulait manger quelque chose. Je suis descendue acheter du pain. J'ai rapidement bricolé un truc à bouffer. Nous avons mangé en silence.

Je l'ai ensuite raccompagné au pied de l'immeuble.
Sur mes lèvres blasées, il a déposé l'ultime baiser. Le baiser de l'adieu. Puis il est parti.


par Destinée publié dans : Confidences à taire
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Mardi 4 mars 2008

J'ai lu votre commentaire.

"Il faut arrêter de se plaindre sans arrêt" disiez-vous, "Il y a ailleurs des gens mille fois plus malheureux que nous. Il faut se bouger les fesses pour améliorer son sort. Ne pas être nombriliste. La terre ne tourne pas autour de notre vie."

Plus loin vous ajoutiez encore "On a la vie qu'on se fait. Et si pour une fois vous parliez d'autre chose que de vous dans ce journal ? "

Apprenez Avril, qu'en société j'ai fait le choix de taire mes tourments, de ne point les confier, de n'embêter personne. Jamais je ne me plains auprès d'autrui.

Apprenez encore qu'il n'y a que sur ce blog, ce dépotoir de l'âme, que je suis moi-même.

Mes mots vous agacent, je peux comprendre cela. 
Pourtant rien ne vous oblige à venir ici. Je ne me souviens pas de vous avoir conviée dans mes parvis.

Je n'écris pas pour vous.
J'écris, parce que l'écriture est mon refuge, mon indispensable thérapie. 
J'écris parce qu'il n'y a que les mots qui apaisent mes maux. 

Si ce que vous lisez vous déplait, passez votre chemin sans faire de bruit et vous rendrez service à l'humanité.


Quant à se bouger les fesses, pour améliorer mon sort!
Rire!
Je vous pardonne cette insolence. 
Que savez-vous au juste de ma vie? que j'ai été violée enfant, que je me hais, que je souffre d'exister, que vivre m'est une pénitence, que j'ai peur de l'avenir, que je bois pour me donner un peu d'insouciance à l'âme, que j'ai le désespoir pour réligion? C'est tout? Gros rire!

Je me remue le cul pour faire bouger les choses, madame.
Oui, oui! 
Mais dois-je vous faire ici l'inventaire de toutes les batailles que je mène?

On a la vie qu'on se fait, dites-vous. 
Autrement nous sommes boulangers de nos existences. Bravo!

Allez le dire aux prostituées de la rue saint-Denis, allez le murmurer dans les oreilles des enfants abusés, ou pire sur les tombes des victimes de la shoah ou encore sur les monuments des esclaves nègres. 

Allez leur dire à tous ces gens qu'ils ont eu la vie qu'ils s'étaient faits, qu'ils ont recolté ce qu'ils avaient semé. Allez!

Nombriliste!
Qui ça? moi? 
Peut-être, peut-être... si vous le dites.

Et vous m'exhortez à parler d'autre chose que de moi sur ce blog? sur MON blog?
Vous devriez songer à faire du théâtre, vous ferez un malheur. 
Vous avez de l'humour. De l'humour noir, le plus rare. 
Quel toupet!

Vous m'ennuyez Avril.

Si la vie est pour vous un don précieux, vivez la calmement et n'emmerdez pas ceux qui ont une vision autre que la votre.

Je respecte votre conception de la vie. Respectez la mienne, saloperie!

Il n'y a plus de liberté en ce siècle? Merde!





par Destinée publié dans : Humeurs
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Lundi 3 mars 2008
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C'est pour m'enivrer que j'ai voulu autant boire.
C'est pour m'abîmer que j'ai fumé ces clopes.

Je voulais m'oublier.
Je n'y suis pas parvenue.

Il me reste hélas toujours dans chaque ivresse, un brin de lucidité.
L'insouciance, même le vin se refuse à me le procurer.

La vie est trop dure. Les luttes que nos avons à mener sont trop coriaces.
C'est l'avenir qui m'éffraie. C'est demain qui m'épouvante.

J'ai peur. 
Peur de ne pas être à la hauteur. Peur de décevoir mes parents. Peur d'échouer, ma vie.

Ma vie....Ma vie.
Moi je l'observe de loin, cette saloperie.
Elle se vit sans moi. Elle m'indiffère. Je suis spectatrice de ma vie.

Vivre m'épuise.
Rien ne se passe comme je le souhaite. Tout va de tavers depuis trop longtemps.

Putain! pourquoi diable suis-je née?
Je n'ai jamais demandé à venir sur cette terre!

Mes géniteurs sont fautifs. 
Ils sont seuls coupables de mes sombres depressions, de mes macabres desseins suicidaires. Je devrais leur porter plainte à ces insensés! Les traîner devant des juges, réclamer des indemnités... des indemnités pour être née.

Du vin, que l'on m'apporte du vin!




 










par Destinée publié dans : Humeurs
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