Il y a ici des yeux qui m'épient, des personnes qui font partie d'un passé sur lequel j'ai définitivement tourné la page.
Il vient ici un personnage que j'ai quelque peu admiré avant de l'abhorrer. Une âme d'une intelligence certaine, d'une mauvaise foi formidable, d'une pédanterie et d'une prétention consternantes... d'un égo démesuré.
De moi, il a voulu faire une disciple, un esprit qui lui soit entièrement dévoué.
"me cadrer", me donner cette "confiance qui me fait défaut", tel était sa noble volonté.
Le bonhomme aime les honneurs. Mais c'est surtout lui-même qu'il aime par dessus tout. Sa bouche, jamais ne tarit en éloges pour sa personne.
Animé d'un pathologique besoin de paraître et d'être acclamé, il se camoufle sous des élans de générosité.
Et, chaque fois qu'il accomplit une action humaine, on le voit se tortiller comme un détraqué et hurler à qui veut bien l'entendre "Voyez! voyez ce que j'ai fait!"
...
Monsieur, je connais votre odeur, votre parfum nauséabond.
A chacun de vos passages à cet endroit, l'air me dit que vous étiez là.
Monsieur, je m'en veux, vous savez, de vous avoir autant haï.
J'étais jeune, jusqu'à l'an dernier, c'est pourquoi.
Ce n'est pas de la haine que j'aurais dû avoir pour vous, mais une indifférence inouïe. Seuls les grands hommes en effet méritent d'être haïs, et vous n'en êtes pas un, hélas.
Vous avoir haï, c'est vous avoir fait trop d'honneur. C'est vous avoir trop élévé dans l'échelle de l'estime humaine.





