Journal intime


Le lecteur assidu, l'inconnu  devenu presqu'ami, s'étonnera de l'absence de Petite Momie. 

Qu'il ne la recherche pas plus longtemps. Elle s'en est allée avec tous ses mots et ses tourments, par un soir de grosse pluie. 

Je suis Destinée son autre, sa pire ennemie, son amante, son innocente alliée.

Ici il n'y aura plus jamais ni cris, ni mépris de soi. Quelques crises de gaieté verbeuse, quelques humeurs, quelques confidences à taire, voilà tout!

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Des hommes et des valeurs

 







 

Mardi 18 mars 2008


Pendant de longs mois j’ai adopté le mal-être comme mode de vie.

Les lecteurs de l’ancien blog de Petite Momie, se souviendront de cette déchéance, de cette marche lugubre vers l’anéantissement de soi.


J’ai œuvré avec une application des plus forcenées, à mon autodestruction.

L’idée d’un imminent suicide sans arrêt m’a perforé l’esprit.

Je voulais décider de ma mort, de son heure, du jour, de l’endroit. 


Quelquefois assise sur une chaise, j’imaginais mon cadavre blême retrouvé un matin, mes poignets ouverts et ensanglantés, une lettre d’adieu à mon chevet… Cette vision me consternait et je pleurais ainsi des heures entières devant l’image de ma propre mort.

 

 

Je ne me suis jamais aimée pour tout vous dire. 
Mais jusqu’il y a un an, je parvenais encore à dissimuler ces douleurs intérieures sous des voiles de gaieté excessive, sous de fausses apparences de joie de vivre,  puis vint un jour où la comédie ne fut plus de mise, un jour où il me fallut choisir entre souffrir entièrement ou guérir totalement. Je choisis la première option.

 

L’alcool me fut un illusoire remède.

Je ne buvais jamais en compagnie, je préférais l’ivresse solitaire, la plus exquise.

Je buvais quelques bières ou mieux, quelques verres de vin et j’oubliais le monde, j’oubliais mes tourments, j’oubliais jusqu’à mon nom, je m’affalais sur mon lit et je riais aux éclats –imitant ainsi le rire des gens heureux- souvent le soir, pour me consoler de quelque déboire, je me caressais cet organe si cher aux femmes, et je jouissais dans un râle si connu des hôpitaux, le râle des mourants. Des larmes silencieuses brouillaient par la suite ma vue et creusaient des sillons profonds dans mes joues.

 

 

Aujourd’hui je vais mieux vous disais-je tantôt.

Mais je n’arrive toujours pas à m’aimer.

L’amour de soi est un apprentissage bien trop pénible pour qui a pendant longtemps cultivé le mépris de soi. 

Et quand viendra la mort, mon plus gros regret ne sera pas celui d’avoir vécu aussi imbécilement. Non, un regret plus lourd et plus terrible que tous les regrets de l'humanité entière réunis, me nouera la gorge : celui de ne pas m’être aimée.

 

 

par Destinée publié dans : Confidences à taire
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Dimanche 16 mars 2008

 

Mes mots m'ennuient. 
Cet endroit aussi.

par Destinée publié dans : Confessions
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Jeudi 13 mars 2008


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Afrique,

 

L’obscurantisme de tes traditions m’écœure.

La barbarie de tes peuples me répugne.

 

Là une enfant hurle. 
Parce que de force des femmes l’ont emmenée, l’ont tenue allongée, ont écarté ses jambes nues ;

Parce que l’une d’entre elles à l’aide d’une lame a tranché une partie de sa chair d’enfant et que le sang a giclé.


Dans la surprise et l’hébètement, l’enfant n’a pas compris la violence de cette douleur procurée par ces mains assassines. 


Cet acte ignoble c’est pour la rendre pure, pour briser en elle tout désir sexuel, pour que vierge elle arrive au mariage.


Cet acte barbare, fera d’elle plus tard une femme à l’intimité meurtrie, une femme qui subira chaque rapport sexuel avec douleur, une femme frigide, une machine à plaisir pour le mâle auquel de force on la            mariera.  

 

 

J’accuse ! Oui, je t’accuse Afrique!

 

Je vous accuse vous, femmes du sahel, femmes de l’Ouest!

Je vous accuse, de perpétrer les traditions obscures,  d’oublier vos souffrances endurées et de les reproduire sur vos filles!

 

Je vous accuse, de les marier impubères à des hommes qu’elles n’ont pas choisis.


Vous mères, êtes coupables de la triste destinée des femmes, dans vos contrées aux coutumes infâmes.


Quelquefois, dans un train, dans une rue, je croise vos gros corps emmitouflés sous des quantités de voiles, je vous entends parler haut dans des dialectes inconnus, je n’ai qu’une envie, une seule : vous cracher à la figure.

 

 

 

 

 

par Destinée publié dans : Humeurs
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Mardi 11 mars 2008



Je manque cruellement de temps. 
Le temps d'aller vous voir.
Le temps de vous remercier pour vos passages et vos mots chez moi.

Bientôt je ne saurai plus écrire.
Ma plume habituée à décrire les escarres de mon âme, à monologuer sur les contusions de mon esprit, dans un avenir assez proche peut-être se taira.
 

Je n'ai pas appris à écrire le bien-être.
Ma plume sur le papier jusque là n'a couru, que quand mon coeur était mal et que par quelques épanchements il tentait d'atténuer sa peine. 

Bientot je ne saurai plus écrire, vous disais-je donc.
Bientôt il me faudra me taire pour de bon,
car je vais mieux depuis hier soir.

Rien n'a changé, à vrai dire.
Mes soucis sont toujours aussi nombreux, mes chagrins aussi denses. 

Mais une voix m'a visitée hier. Une voix puissante. La voix de Dieu!
Je vous ennuierais amis athées, si je m'attardais longtemps sur ce sujet ou si par de longues phrases, j'essayais de vous expliquer comment tout cela s'est passé.

Je vais mieux, voilà tout.
Dieu est bon.
Cioran est un con.

par Destinée publié dans : Hommage
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