L'envie d'écrire me reprend peu à peu.
Je sens renaître dans mes doigts ramollis, le févrieux besoin de dépuceler le blanc immaculé des pages vierges .
Des mots bouillonnent dans ma cervelle, des histoires s'y construisent.
Mais je ne me lancerai pas. Pas encore.
J'en ai assez de cette collection de manuscrits inachevés, assez de ne pas aller au bout de ce que j'entame, de perdre goût au fil du temps.
Il faut dire que je n'ai pas trouvé le genre littéraire qui me correspond le mieux.
Mes tentatives dans le roman ont été un délicieux fiasco dont mon coeur déguste encore l'idiot souvenir.
Quant à la poésie, je ne veux pas en entendre parler.
J'aime danser au rythme des belles rimes de Mélisande, d'Hicham, de Maître Fred, Vasy, Polly, Robert ,...
Mais la poésie et moi, c'est une autre histoire.
J'ai envie d'écrire des choses qui vont au delà de moi aujourd'hui.
J'en ai assez de divaguer sur les tourments de l'âme, d'élucubrer sur les errances de l'esprit.
Ecrire sur moi m'a anéantie.
Je n'ai habitué ma plume qu'à de la littérature de cimetière, si noire, si morbide que même un croque-mort n'en voudrait pas.
Le recueil de Petite Momie est une injure à l'humanité, dont aucun éditeur n'a voulu.
Ce n'était pas de l'écriture, mais du vomi.
Il est temps d'écrire des choses qui se rapportent à ma terre, ma culture, mon identité noire.
L'écriture de Jean pierre et de Liss m'inspire.
Il me faut lire désormais beaucoup d'auteurs africains, histoire de m'instruire quelque peu et de me façonner un style et un ton.
Je tâcherai donc de lire dorénavant, de lire autant que Gangoueus.


